Sard Falasteen, December 15 2018

Ce que les palestiniens commémorent en décembre

Tableau de l'artiste palestinien Abdel Rahman Muzain

Le 8 décembre, les Palestiniens célèbrent le 31e anniversaire du premier soulèvement populaire de masse contre l'occupation israélienne en territoire palestinien. L'Intifada, qui en arabe signifie "soulèvement", a commencé le 8 décembre 1987 au camp de réfugiés de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, avant de s’étendre sur le reste du territoire.

La première Intifada a eu un impact très important dans l'histoire de la Palestine. Elle a placé le centre du mouvement de libération palestinien à l'intérieur de la Palestine, alors qu'avant il était mené depuis l'étranger. Depuis 1982, la cause palestinienne n’était plus au centre de l'attention internationale, ni arabe. Un mois plus tôt, les Etats arabes avaient organisé une réunion de sommet à Amman, en Jordanie, pendant laquelle la question de la Palestine n'avait même pas été abordée. Pourtant,les Palestiniens de la bande de Gaza et en Cisjordanie vivaient depuis 20 ans sous l'occupation militaire israélienne et dans des conditions économiques épouvantables. Pour eux, la première Intifada a représenté un premier cri de liberté et un moment fondateur.

Quand la société toute entière s'est mobilisée

Pendant l'Intifada, la population palestinienne, à travers les associations de société civile, a joué un rôle politique constituant un leadership local face à l'occupation. Tous les secteurs de la société, de tous les âges et des deux sexes se sont mobilisés. L'auto-gestion au niveau local a été expérimentée de façon inédite pendant 6 ans, grâce aux comités populaires. Le volontariat et l'action communautaire sont devenus des expressions politiques, ainsi que l'art, la littérature et la musique, introduisant des éléments nouveaux à l'expression nationale palestinienne, pleine de détermination et d'espoir.

De l'art, de la musique et de la poésie

Tout au long de la semaine, à partir de ce soir, La Palestine Narrée publiera des oeuvres d'art datant de la première Intifada, à fin de jeter de la lumière sur cette partie importante de la mémoire et de la culture palestinienne, encore très influente aujourd'hui.

Le tableau en haut de cet article est l'oeuvre de l'artiste palestinien Abdel Rahman Muzain, réalisé en 1988. Il a peint un cheval symbole de la liberté, que représente l'Intifada. Deux enfants avec des lance-pierres, sont montés sur le cheval représentant "les enfants des pierres", figure emblématique de la première Intifada. Sur la selle, brodés à la palestinienne, on lit en arabe "8 décembre 1987". Un des enfants a sous le genou un panier de fruits, qui représente l'espérence en la Palestine de demain. Sur le cou du cheval est accrochée une clé, qui représente le droit au retour palestinien, et le cheval marche vers le soleil, qui représente l'avenir.

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Sard Falasteen

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