Sard Falasteen, December 12 2018

Les habitants de Khan Al-Ahmar démeurent sous la menace de démolition

“Ce nest pas que la survie de Khan Al-Ahmar qui se joue ici. C’est le combat de toute la Palestine”

Un enfant palestinien devant l'école de Khan Al-Ahmar, construite en défi de l'interdiction israélienne. Photo par : Abbas Momani - AFP

 Ce 15 novembre dernier, les habitants du village de Kan Al-Ahmar à l’est de Jérusalem, ont célébré les trente ans de la Déclaration d’Indépendance de la Palestine, annoncée en 1988 depuis Alger, en pleine Intifada. Cependant, Khan Al-Ahmar est aujourd’hui un des signes de la marche toujours inachevée des palestiniens vers le rêve de l’indépendance, annoncé par Arafat il y a trente ans, dans l'euphorie du soulèvement populaire des territoires occupés.

Un symbole de résistance

Cette indépendance voulue et annoncée par Yasser Arafat il y a trente ans pendant le soulèvement du peuple palestinien a le goût amer de l’inachevé. Khan Al-Ahmar, dernière enclave palestinienne entre Jerusalem-est et la vallée du Jourdain, est régulièrement menacé de destruction par l’occupation israélienne du fait de sa position en zone dite « E1 ». Ce village palestinien est devenu le symbole de la résistance à l’occupation israélienne. Les villageois ont résisté à l’étranglement israélien pendant des années. En 2009, ils ont construit une école avec des pneus, malgré l’interdiction israélienne. L’école est à présent la seule dans la région et accueille plus de 170 élèves. Néanmoins, le gouvernement israélien a ordonné sa clôture en 2016. Les villageois ont refusé et un nouvel épisode de menaces israéliennes a commencé. En mai 2018, les autorités israéliennes ont ordonné la démolition du village et le transfert de près de 200 habitants. Suite à une bataille judiciaire, et d’une résistance des habitants et des mouvements de solidarité palestinienne et internationale, la démolition a été suspendue.Des palestiniens et des solidaires internationaux bloquent l'action d'un bulldozer israélien à Khan Al-Ahmar, juillet dernier. Photo : Flash 90

Le dernier bastion

En septembre, le gouvernement israélien a annoncé un ultimatum laissant jusqu’à la fin du mois aux habitants pour démolir eux-mêmes leurs maisons. La résistance s’est intensifiée et les forces d’occupation ont mené 6 tentatives de démolition, basculant à chaque fois dans des arrestations violentes de villageois et des personnes présentes en soutien. Abu Khamis Jahalin, président du Conseil des Services de Khan Al-ahmar, explique que “le projet de colonisation israélien vise à joindre les colonies de l’est de Jérusalem avec celles de la vallée du Jourdain, coupant ainsi la Cisjordanie en deux parties séparées. Cela serait le dernier clou dans le cercueil du rêve de l’Etat palestinien”. A ce jour, la démolition est suspendue. Mais pour Abu Khamis Jahalin, “ce n’est qu’une période de calme temporaire. Nous savons que l’occupation ne nous laissera pas tranquilles. L’avenir est incertain et obscur”. Néanmoins, les habitants restent fermes : "nous n’irons nulle part” déclare Abu Khamis Jahalin, “Ce nest pas que la survie de Khan Al-Ahmar qui se joue ici. C’est le combat de toute la Palestine”. 

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Sard Falasteen

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