Sard Falasteen, December 20 2018

Visiter "sa jambe" après 3 ans et demi en prison

Jalal Sharawneh en prison

Le moment pris en vidéo, dimanche dernier, a fait le tour des réseaux sociaux en Palestine. Après trois ans et demi, Jalal Sharawneh, 20 ans, est finalement libéré des géoles de l'occupation israélienne. A l'aide des membres de sa famille, il traverse le touniquet de la porte de la prison, vers la liberté. Sa première destination: Le cimetière des martyres à Dura, au sud d'Hébron, pour visiter sa propre jambe.

A l'âge de 17, Jalal se trouvait au village voisin de Beit Awa, quand l'armée israélienne poursuivait des jeunes dans les rues du village, en ouvrant feu sur eux. Jalal a réçu plusieurs balles dans ses deux jambes et s'est évanoui. Il s'est réveillé plus tard à l'hôpital israélien de Souruka, découvrant qu'il avait été arrêté. Après plusieurs semaines, les médecins lui ont annoncé que sa jambe droite était morte, à cause du manque de flux de sang. Ils devaient alors l'amputer.

Le moment de la libération de Jalal Sharawneh, 20 ans, des prisons de l'occupation israélienne, dimanche dernier

Jalal a été interrogé pendant plusieurs jours sur le lit de l'hôpital. Les interrogateurs israéliens ont montré à Jalal la vidéo de sa famille enterrant sa jambe, dans une tentative de pression psychologique, à fin de lui arracher une confession qui puisse être utilisée contre lui devant une cour israélienne.

"Ce n'est q'une petite offrande pour la Palestine"

Jalal a ratté trois ans d'école et espère rattrapper son retard le plus tôt que possible. Selon lui, l'amputation de sa jambe est le résultat de la négligence des autorités israéliennes: "Ma jambe est restée un mois sans flux de sang", il explique. "Ils auraient pu la sauver s'ils voullaient". Pourtant, Jalal ne veut montrer aucune faiblessepar rapport à sa condition. "La perte de ma jambe n'est rien devant le sacrifice des martyrs" annonce-t- il. "Ce n'est qu'une petite offrande pour la Palestinee. J'espère seulement qu'elle soit acceptée".

Selon le mouvement international pour la défence des enfants (DCI), l'occupation israélienne arrête et juge, dans ses cours militaires, une moyenne de 500 à 700 mineurs palestiniens, chaque année.

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Sard Falasteen

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